Conférence BE 4.0: pourquoi Siri et Alexa ne sont pas la voix de l’industrie ?

Aujourd’hui, les GAFAM (pardon les GAMAM !) américains et les BATX chinois sont plus actifs que jamais dans leurs propositions d’utilisation de la voix et de l’assistance intelligente pour gérer nos vies quotidiennes. Pourtant, seules des fonctions très simples comme demander la météo, jouer une musique ou lancer un minuteur sont utilisées de manière régulière. André JOLY, Directeur Général de SIMSOFT INDUSTRY dresse ce constat et explique pourquoi des solutions de voix et d’assistance intelligente dédiées à l’industrie sont nécessaires.

 

A force de ne parler que des GAFAM, on en oublierait presque les BATX qui arrivent rapidement sur nos marchés, Baidu, Alibaba, Tencen, et Xiaomi qui nous arrivent directement de Chine. De son côté, l’assistant vocal de Samsung fait une percée remarquée en Asie et aux États-Unis. A titre de comparaison, en 2020 les assistants vocaux Chinois sont plus déployés dans le monde que celui d’Apple « Siri », tout comme Bixby de Samsung.

Ce constat pose une première question quant à la souveraineté de l’industrie européenne. Effectivement, aucun acteur européen n’apparait dans cette liste. A ne regarder que l’arbre, on risque de rater la forêt…

Le développement technique des assistants vocaux tels que nous les connaissons aujourd‘hui a couté une petite fortune à chacune des entreprises qui les développent. Ces investissements, uniquement réalisables par les gros acteurs mentionnés précédemment, doivent bien être rentabilisés un jour. Deux solutions s’offrent à eux : faire payer un produit au client pour donner accès à un service, ou donner accès à un produit gratuit pour monétiser un service. C’est le second choix qui a pris le dessus ! Les grands éditeurs d’assistants vocaux nous offrent leurs produits, afin que nous puissions consommer des services proposés par d’autres acteurs du e-commerce ou de la publicité. Cerise sur le gâteau, dans les conditions générales d’utilisation de ces produits « gratuits », nous acceptons tous de mutualiser nos données et de partager notre temps d’écoute des contenus publicitaires à forte valeur ajoutée.

Comme nous le voyons, le modèle économique des grands assistant vocaux repose sur la valorisation des données manipulées, il faut donc se poser la question de l’adéquation de ce modèle avec les capacités et les contraintes de l’industrie.

A moins que le monde de demain soit vraiment différent, il est peu probable que des industriels parfois concurrents acceptent de mutualiser l’ensemble de leurs ressources documentaires, sémantiques et linguistiques afin d’entrainer un assistant vocal. Même dans un monde utopique, le partage de telles données pourrait éventuellement être envisagé à un instant précis, mais ce n’est pas suffisant. Les assistants vocaux de nos géants ont besoin d’être alimentés en permanence de données fraiches et qualifiées afin d’augmenter de manière continue leurs capacités.

Pour répondre aux besoins de l’industrie en termes d’assistance vocale, il convient d’une part d’élargir la définition d’un assistant vocal, puis d’adapter la technologie et le modèle économique aux contraintes spécifiques de cette activité.

L’assistance vocale pour l’industrie va prendre des formes différentes en fonction des intentions d’usage. Effectivement, un assistant de réponse à des questions client (type FAQ) n’aura pas les mêmes attributs qu’un assistant vocal de génération de constat terrain pour des inspecteurs de chantier dans l’industrie nucléaire.

Deux besoins coexistent pour un assistant vocal industriel, répondre à une requête d’un utilisateur d’une part, recueillir et structurer une information fournie par un utilisateur d’autre part. Ainsi, pour le domaine industriel, la définition d’un assistant vocal peut être élargie à « fluidifier les relations entre un salarié de l’industrie et un système numérique parfois complexe grâce à la voix et l’assistance intelligente ».

D’un point de vue technique, un assistant vocal industriel doit répondre aux contraintes spécifiques du domaine : peu de données, une exigence de fiabilité, fonctionnel dans le bruit, efficace hors connexion, acceptable comme un outil de travail par les salariés de l’industrie. Toujours techniquement, un assistant vocal industriel doit être capable de dialoguer avec l’ensemble des contenus déjà validés et utilisés de manière opérationnelle dans l’industrie. On peut facilement imaginer qu’aucun industriel ne va remettre en question ce qu’il a validé dans SAP pour mettre en place un assistant vocal… Donc, tout assistant vocal intelligent à vocation industrielle doit prendre comme donnée d’entrée les contenus des outils numériques déjà déployés comme SAP, IBM-Maximo, Delmia-APRISO, INFOR, IFS, et tant d’autres solutions numériques.

En ce sens, l’assistant vocal industriel « Spix » de SIMSOFT INDUSTRY répond à ces impératifs industriels pour mieux maitriser les outils de production, ou les systèmes en maintenance. Effectivement, l’investissement à réaliser dans la mise en place d’un assistant vocal industriel est rentable si l’industriel y gagne des points de productivité ou de rentabilité de ses opérations. L’assistant vocal au service des salariés permet à l’industriel de recueillir plus de données sur l’état de son outil de production, ou d’être mieux informé de l’état d’un système complexe dont ses salariés ont la charge. L’assistant vocal « Spix » de SIMSOFT INDUSTRY est au service de l’expertise des salariés et leur permet de remonter plus facilement une information de terrain vers les systèmes d’information de l’entreprise.

 

Enfin, comme l’industrie ne souhaite pas (ou ne peut pas) partager ses données pour accéder à des services « gratuits », des modèles économiques différents doivent être trouvés. Les grands acteurs du numérique industriel comme SAP, IBM-Maximo, Delmia-Apriso, INFOR, IFS et d’autres ont déjà travaillé des modèles économiques adaptés aux attentes de leurs clients. L’assistant vocal industriel doit trouver un modèle économique compatible de ceux-ci.

 

S’inscrire à la conférence sur le salon BE 4.0 (1/12/2021 – 10h45-11h30) : https://www.industriesdufutur.eu/fr/session/84b6791c-1117-ec11-981f-a085fcc5fc95